EXCALIBUR
TOME 1: Le secret des Ténèbres
Chapitre 1: Révélation
Le couloir paraissait immense. La tapisserie, déjà agée, se déchirait dans les recoins. Les lampes du plafond
restaient toujours allumées, jusqu'à l'épuisement. Les quelques toiles accrochées représentaient de mystérieux personnages, inconnus. Le sol craquait sous les pas du jeune homme à la cape noire. Il
avançait dans la pénombre, sans doute se dirigeait t-il vers le néant. Quelques rats couraient par ci, par là, collés à la plinthe. Le jeune homme les évita.
Des portes se présentaient, deux à droite, une à gauche. Au fond, le couloir finissait par une grande fenêtre, ne montrant rien d'autre que de l'obscurité. En l'air, un des lustres venait de rendre
l'âme, accompagné de la migration des mouches et des insectes jusqu'à l'éclairage le plus proche.
Tout semblait si vide et si sombre.
Le garçon à la cape noire, ne laissait pas paraître son visage, caché par la capuche de cette même cape, mais ses traits laissaient conclure qu'il était encore un enfant. Il avança sans emprunter
les deux portes de droite, ni celle de gauche, mais passa à travers la grande fenêtre, sans l'ouvrir, sans rien faire, juste la traverser comme si il n'y avait pas eu d'obstacle.
La fenêtre donnait sur un immense balcon, où il n'y avait pas de ciel, seulement l'obscurité. Des petites lucioles éclairaient le chemin. Le sol était fait de dalles graniteuses, avec quelques
traits d'une triste verdure, qui semblait déjà morte. Au fond, il y avait un homme, debout, accoudé à la barre qui le séparait du vide. Il était humble, droit, habillé d'une longue cape grise, et
d'un turban de la même couleur. Il tenait dans sa main droite une canne en fer, où était sculptée un dragon rugissant. Le jeune homme à la cape noire s'approcha de lui, confiant. Il s'arrêta à sa
gauche, s'accoudant également.
-"Bonsoir Hamlet, dit le jeune homme.
-Ah...Tu es là, répondit l'homme du nom de Hamlet.
-Comment va t-il?
-Tu es inquiet à son propos? ricana Hamlet. Ne t'inquiète pas, il est en parfaite sécurité, sa santé est bonne, son niveau mental est normal, il est parfaitement confondable à nimporte quel
humain."
Cela rassura quelque peu le garçon. Il retroussa ses manches et regarda ses mains.
-"Ca me convient, tu sais, je n'aime pas trop cette sensation, c'est bizarre, comme si une partie de moi-même s'était en allé à jamais, j'espère ne jamais pouvoir revivre cela.
-Tu t'inquiètes pour rien Zack, la machine dans laquelle je t'avais enfermé est une de mes créations. Cela ne fait qu'une copie parallèle de ta composition, tu n'as perdu aucun doigt n'est-ce
pas?"
Hamlet rigola mais Zack n'avait pas l'air de faire de même.
-"Même si je n'ai rien perdu, avoua t-il, je n'ai pas envie de revivre cette sensation désagréable, d'accord?"
L'homme regarda la silouette capuchonné de Zack, et d'un geste de la tête, il accepta.
Le ciel paraissait encore plus sombre qu'avant, sans doute que notre jeune personnage y était pour quelque chose, des papillons colorés volaient, affolés, et mouraient prématurément, sans savoir
comment ils avaient pu atterir dans un tel endroit. Quelques cris sournois se faisaient entendre, au loin, venant de nulle part. Des visages apparaissaient dans le ciel on ne sait comment, criant à
l'agonie, certains paraissaient heureux. Sur le corps de quelques uns, se trouvaient des blessures apparentes. Les rideaux de la fenêtre par où était passé Zack -Et sans doute Hamlet auparavant-
hurlaient avec le vent arrivant, déjà assez fort.
Cet endroit n'était pas rassurant.
Zack, après un long silence, ré-adressa la parole à Hamlet, l'homme au turban vert, si mystérieux.
-"Et où est-il? demanda le garçon.
-Eh bien...-Quelque chose apparut devant Hamlet- le voici !"
La forme venant d'apparaître ressemblait à de grands draps blancs roulés en boule, à l'intérieur, se trouvait un petit ètre, réveillé, jouant avec ses mains et ses pieds. C'était un bébé. Des
cheveux blonds étaient déjà apparus. Le visage rond, il ne pleurait pas. Il souriait même, se laissant bercer, supporté par le vide.
Il venait d'ouvrir ses yeux, d'un bleu éclatant.
-"Il te ressemble n'est-ce pas? demanda Hamlet à Zack, souriant.
-Oui, mais il ne faudrait pas qu'on le reconnaisse trop, grogna Zack.
-Tu t'inquiètes trop, ne t'en fais pas, ça ne sera pas difficile. »
Hamlet avait l'air confiant, tandis que Zack était assez méfiant, éprouvant un peu de remord pour ce qu'il « avait fait ». Un nouvel individu arriva par le passage de la fenêtre.
C'était un nain vêtu d'un ridicule smoking gris, d'un noeud papillon rouge qui lui chatouillait le menton si bien qu'il prononça des jurions en son égard. Il n'avait pas de chaussures et laissait
parraître de longs pieds dégoutants aux ongles jaunis, avançant comme deux araignées affamées. Le nain s'approcha de Zack -qui d'ailleurs recula soudainement quand il sentit une main osseuse lui
pressé la jambe- et le regarda vivement sans apercevoir son visage, malgré le fait qu'il soit situé en dessous de lui. Ses yeux ressemblaient à deux gros raisins noirs, dévisageant la plupart des
personnes n'ayant jamais eu affaire à avoir un nain en face de lui, Zack n'ayant pas échappé à cela. Sa tête faisant penser vivement à celle d'un castor, les quelques cheveux gris coiffés vers
l'arrière, des oreilles très fines, et de grandes dents s'échappant de la machoire. Les rides de ses joues retombaient lourdement, comme les poches sous ses yeux. De toute évidence, ce nain avait
l'air de ne plus être tout jeune.
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