Le chaos en marche, tome 1 : la voix du couteau, de Patrick Ness, traduction de Bruno Krebs, chez Gallimard jeunesse.
La critique de Mme H, professeur de français :
"J’ai lu d’une traite cette première partie d’une épopée, vraiment originale.
Notre narrateur va avoir 13 ans (Oui, je sais, ça ne donne pas envie) et vit dans un univers post-apocalyptique qui fait froid dans le dos. Il est le plus jeune garçon du dernier village de son monde, village victime d’un virus qui aurait décimé toutes les femmes. Et comme si ce n’était pas suffisant, dans le genre malédiction, les pensées de chacun sont audibles, disponibles pour tous, formant un brouhaha permanent, le Bruit.
Bref, un monde sympathique, joyeux et accueillant, où ce jeune homme se sent forcément très à l’aise. D’autant plus qu’il va rapidement s’apercevoir qu’on lui a toujours menti et qu’il a intérêt à fuir très vite. En même temps, même sans être menacé, c’est plutôt une bonne idée d’aller voir ailleurs.
C’est donc sa fuite effrénée -vers quoi ? toute la question est là- pour échapper à une menace obscure, que l’on suit tout au long de ce 1er volume.
Et c’est chouette, vraiment. Déjà, ce jeune homme a une drôle de façon de s’exprimer. Son orthographe est parfois approximative, ses mots sont déformés, voire inventés. Le rythme même de ses phrases est intrigant. Illettrisme ? Témoignage d’une certaine évolution de la langue ? Todd n’appartient clairement pas à notre univers.
Mais le meilleur, ce n’est pas cet adolescent en fuite, mais la galerie de personnages attachants ou carrément flippants que Patrick Ness pose sur son chemin. Du prêcheur fou Aaron, au maire de la ville, en passant par Ben le père adoptif ou la vieille Je-sais-plus-comment.
Il y a un savant dosage de suspense et d’action qui tient en haleine, le tout mâtiné d’un soupçon de violence. Alors certes, comme il s’agit de littérature jeunesse, le pessimisme et l’obscurité ambiants sont très vite nuancés par un message sur l’espoir, et des bons sentiments. Mais cela reste suffisamment discret pour ne pas gâcher ma lecture. Pas de grand discours niais pendant des pages, ça me convient. Et le héros, Todd, est parfois animé par de bien sombres pulsions et s’en mange, en retour, plein les dents.
Il me reste désormais à lire la suite. Mais j’avoue que j’ai peur d’être déçue. Peur que sur la longueur cet univers s’épuise et que l’on retombe dans les topoï du genre.
En tout cas, j’ai hâte de voir où tout cela va nous mener, ce n’est pas tous les jours que des récits de littérature jeunesse réussissent encore à me surprendre"
A lire (et retrouver d'autres chroniques littér aires)sur le site : http://coffeescorner.wordpress.com/
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Français d'ailleurs, peuple
d'ici. Autrement Jeunesse-77 p. 2009
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